Comme tous les secteurs, le secteur bancaire fait l’objet d’une panoplie de manœuvres et pratiques douteuses. Ces dernières années, les incidents de paiement sur chèques et effets de commerce ont connu une recrudescence atterrante. A ce titre, la confiance entre les entreprises s’est un peu détériorée et elles se montrent de plus en plus vigilantes quant à l’utilisation des différents moyens de paiement. En l’occurrence, M. Ahmed EL FEHDI, un chef de plusieurs sociétés opérant dans différents secteurs admet l’existence de bon nombre d’incidents de paiement pouvant survenir au niveau des règlements, surtout lorsqu’il s’agit d’un règlement d’un effet de commerce.

En effet, le nombre de lettres de changes normalisées « LCN » émises sans provision a évolué davantage. Selon des statistiques établies par le « Groupement pour Un système Interbancaire Marocain de Télécompensation » ont fait état d’un taux de rejet avoisinant les 16,48% sur les LCN émises en 2013 contre 16,30% une année auparavant.

De même, la relation des clients avec leur banque a été chamboulée. Par ailleurs, les créances en souffrance des entreprises ont progressé de plus de 27%, d’où découlent des retards de paiement ou encore des effets impayés.

Devant cette montée soutenue des incidents de paiement relatifs à la LCN, Bank Al-Maghrib a mis en place une pléthore de mesures et a défini un cadre légal permettant au maximum de sécuriser les systèmes de paiements. Elle a donc prévu d’étendre les sanctions applicables au chèque à la lettre de change normalisée. Egalement, une centrale des incidents de paiement relatifs à la LCN est en phase d’achèvement. Cet outil permettra en quelques sortes aux banques de partager mutuellement les informations se rattachant aux LCN impayées.

Finalement, il convient de signaler que l’utilisation de la lettre de change normalisée est de plus en plus répandue, car elle demeure de loin le troisième moyen de paiement le plus utilisé, hors carte bancaire.